Pour finir la fête du cinéma,
World War Z de Marc Forster :
Tadaaaam ! C'est tout nouveau, tout beau, tout chaud. Le nouveau film d'
infectés !... Euh non... De
morts-vivants !... Euh non... De
zombies !... 'Fin vu que c'est un peu toujours le même merdier, on va dire d'
infectés à mort mais re-vivants un peu zombies.
Donc grosso merdo, c'est un peu la merde à cause d'une épidémie venant
pitêtre d'Asie et qui te chamboule le carafon en
pitêtre huit, dix ou douze minutes. Cette maladie - bénigne rassurez-vous - transforme
Pierre,
Paul et
Jacques, individus des plus normaux, en hommes caoutchouc bourrés de tics d'héroïnomane en pleine phase de sevrage. Très vite, c'est la merdouille à l'échelle mondiale étant donné qu'on est tous un peu teubés - et que compter sur des militaires, ricains qui plus est,
ben c'est
une belle 'onnerie.
Malgré un développement ultra-super-chaotique, x montages, des re-shoots et une réécriture du script à l'arrache durant tout le tournage, le film tient pas trop mal la route. Attention, c'est pas génial, mais franchement ça se regarde sans déplaisir. Excepté une fin qui pue délicieusement, le film est assez correct. Rien d'innovant sous le soleil ricain, mais voilà quoi, ça se mate et ça fait le taff. Pour faire un parallèle, c'est un peu dans la lignée d'
I Am Legend. Un film que l'on regarde une fois sans vraiment s'emmerder, avec quelques scènes bien sympas, un peu - mais pas beaucoup - de suspense et quelques passages qui sont un peu angoissants.
C'est pas ouf, mais y a quelques trucs que j'ai bien aimé. Genre
Brad Pitt. Toujours aussi classe le mec et vraiment juste dans un rôle d'ex-enquêteur globe-trotter de l'ONU. On est vraiment tout le temps avec lui, recherchant à remonter à la source des emmerdes et essayant de trouver une solution. Du coup, le film nous balade des Etats-Unis en Corée, du Moyen-Orient au Royaume Uni. Un bon parcours, fun et rythmé, même si parfois un peu laborieux du fait de la réal' de
Forster, aux fraises la moitié du temps. Le mec, il a pas encore récupéré de
Quantum of Solace -
c'était en 2008 Marco, remets-toi !
Aujourd'hui, la lisibilité dans un film où il y a un tant soit peu d'action, c'est un luxe. Ici, coup de bol, y a quelques séquences qui le sont. Et je dois avouer que je me suis parfois bien éclaté. Globalement, c'est pas franchement violent, mais malgré tout, dans certaines scènes de masse, y a une violence sous-jacente assez étrange. À ma grande surprise, les scènes de foule à Jérusalem où les corps se fracassent, s'entrechoquent, s'enjambent, se démembrent et gambadent comme des lapins m'ont pas mal impressionné.
C'est sans gros temps morts, y a quelques belles scènes, des ambiances assez variées donc je trouve que ça fait le taff - même si la réal' chie dans la colle beaucoup trop souvent (vous êtes prévenus). Ça a été un gros bordel à faire mais au final, c'est regardable. Ah ouais, j'ai bien aimé le générique aussi (vachement utile de préciser, je sais).
Et puis, plus important encore, y a
Ruth Negga. Ça a été la plus belle surprise du film.

Et
damn, elle est toujours aussi rayonnante.
Le Congrès d'Ari Folman :
Valse avec Bachir était assez énorme. Là
Folman y va franco avec un authentique délire aussi beau que son précédent film.
Le Congrès, c'est vraiment un pur trip, époustouflant, pessimiste et émouvant.
Le pitch, en gros, c'est que
Robin Wright interprète l'actrice
Robin Wright - celle qui a joué dans
Forrest Gump ou
Incassable. La pauvre
Robin, elle a quarante-huit piges, elle a pas fait des choix de carrière super-judicieux et elle est aujourd'hui un peu paumée. Donc, le studio Miramount lui propose un truc très simple. La scanner. Intégralement. La scanner pour utiliser pendant vingts ans l'actrice
Robin Wright et faire jouer ce scan dans plein de films. Elle restera donc pendant ce laps de temps jeune et en un sens, immortelle à l'écran. La contrepartie, c'est que la véritable
Robin Wright ne doit plus tourner. Plus rien faire sinon vieillir dans un coin. Le temps passe et arrive la fin du contrat.
Robin est alors invitée à un congrès organisé par la société de production Miramount-Nagasaki. Les temps ont changés, tout est parti en couille et maintenant les gens carburent à de nouvelles drogues donnant la possibilité de venir n'importe qui. Le monde se divise en deux. La réalité hard-core et le monde des camés.
Le film est divisé en deux parties bien distinctes. La première, brumeuse, mettant en scène des acteurs en chair et en os est une méchante vision sur le devenir de l'industrie cinématographique. Plus pessimiste, tu meurs. La seconde,
fucked-up, n'est pratiquement qu'animation. C'est de la pure SF qui rappelle en un sens le
Scanner Darkly de
Linklater et donc
K. Dick. Visuellement, ça en jette. C'est beau, ultra-coloré et délirant en plus d'être méchant cynique du fait de l'esthétique cartoon qui évoque l'animation ricaine des années 30, 40.
C'est vraiment très particulier, mais je me suis éclaté. Et la perf' de
Robin Wright est hallucinante - la scène du scan est monumentale.